Strabisme intermittent : quand faut-il envisager une chirurgie ?
Le strabisme n’est pas toujours un défaut d’alignement permanent. Dans le cas du strabisme divergent intermittent (aussi appelé exophorie-tropie), la déviation de l’œil vers l’extérieur peut n’être visible que de façon occasionnelle. Ces épisodes de déviation, ou « phases tropiques », surviennent le plus souvent lors de moments de fatigue, de rêverie, de maladie ou de simple inattention visuelle. Bien que la vision en relief (stéréoscopique) soit généralement normale au début de la maladie, une prise en charge devient souvent nécessaire pour éviter son altération. Experte du strabisme à Paris, le Dr Diem-Trang Nguyen fait le point pour vous aider à comprendre à quel moment la chirurgie devient la meilleure option.
Une évolution capricieuse et des symptômes trompeurs
Les strabismes divergents intermittents représentent la forme la plus fréquente des strabismes divergents. Leur évolution est souvent défavorable : dans environ 75 % des cas, on observe une aggravation de la fréquence et de la durée des déviations, risquant à terme de transformer le trouble en une exotropie constante.
Chez le jeune enfant, ce trouble passe souvent inaperçu car le cerveau met en place un mécanisme de « suppression » pour ignorer l’image de l’œil dévié et éviter de voir double. En revanche, le grand enfant ou l’adulte peut ressentir des symptômes très gênants : fatigue visuelle importante (asthénopie), vision trouble, maux de tête, diplopie (vision double) ou encore difficultés de concentration à la lecture et à l’écriture.
Le rôle clé du contrôle de la déviation
Avant d’envisager une intervention, l’ophtalmologiste doit évaluer rigoureusement le « contrôle » de la déviation, c’est-à-dire la capacité du patient à réaligner ses yeux. Si le patient compense facilement et que les épisodes de déviation sont rares, une simple surveillance régulière est de mise. Mais lorsque ce contrôle échappe de plus en plus souvent au patient, la question chirurgicale se pose.
Les critères pour décider de l’intervention
La chirurgie oculomotrice n’est pas automatique, mais elle est fortement indiquée face à certains signaux d’alerte :
- La dégradation de la vision binoculaire : si la fréquence de la déviation entraîne une baisse ou une perte de la vision en relief (vision stéréoscopique), l’intervention chirurgicale devient nécessaire pour préserver cette fonction essentielle.
- Des signes fonctionnels invalidants : une diplopie ou une asthénopie (fatigue visuelle) intenses qui altèrent la qualité de vie au quotidien.
- La fréquence et l’importance de la déviation : un préjudice esthétique majeur et régulier, souvent source de complexes dans la vie sociale.
Comment se déroule la prise en charge chirurgicale ?
Le dosage opératoire d’un strabisme intermittent est particulièrement délicat, car il nécessite de prendre en compte l’angle maximal de la déviation et les mécanismes de compensation du patient. La chirurgie agit sur les muscles oculomoteurs (par exemple en reculant le droit latéral et/ou en renforçant le droit médial) pour rétablir un parallélisme.
Que ce trouble vous concerne vous-même ou votre enfant, des techniques de pointe existent. N’hésitez pas à consulter nos pages détaillées sur la chirurgie du strabisme chez l’adulte ou la chirurgie du strabisme chez l’enfant pour en savoir plus sur le déroulement de ces interventions.
N’attendez pas que le strabisme devienne permanent. Une évaluation personnalisée est indispensable. Pour bénéficier d’un diagnostic précis, prenez rendez-vous avec le Dr Diem-Trang Nguyen en consultation privée sur Doctolib ou via notre page contact.



