L’examen ophtalmologique chez l’enfant : comment ça se passe concrètement ?
Une première consultation chez l’ophtalmologiste peut parfois être source d’appréhension pour les parents. Pourtant, il s’agit d’une étape fondamentale pour le bon développement de la vision, d’autant que certaines anomalies restent totalement silencieuses au quotidien. Spécialiste en ophtalmologie pédiatrique et experte du strabisme à Paris, le Dr Diem-Trang Nguyen a l’habitude d’adapter cette visite pour rassurer ses jeunes patients. Mais comment se déroule concrètement ce bilan ? Voici les étapes clés.
1. L’interrogatoire et l’observation clinique
La consultation débute toujours par un échange minutieux. Le praticien va rechercher d’éventuels antécédents familiaux (amétropies fortes, strabisme, amblyopie) ou personnels. Il va également vous interroger sur le motif précis de la visite : avez-vous remarqué un œil qui dévie occasionnellement ou un torticolis régulier ? L’observation du comportement visuel de l’enfant se fait dès les premières minutes. Le médecin s’assure par exemple, en observant les reflets d’une source lumineuse sur la cornée, qu’il ne s’agit pas d’un simple épicanthus (un repli de peau très fréquent chez le bébé donnant une fausse impression de loucher).
2. Évaluation de l’acuité et de la motricité oculaire
L’examen est adapté à l’âge du patient. Avant l’âge de la parole, l’acuité visuelle ne peut être chiffrée, mais le comportement de l’enfant (comme sa réaction si l’on cache un œil ou le test du « regard préférentiel ») donne de précieuses indications. Dès 3 ans, des tests par appariement avec des dessins (Rossano-Weiss ou l’échelle de Pigassou) permettent une mesure plus précise.
Ensuite, le médecin réalise un examen de la vision de l’enfant pour étudier la coopération entre les deux yeux. Le test de l’écran, qui consiste à cacher alternativement un œil puis l’autre, est indispensable pour démasquer un éventuel strabisme. La vision en relief (ou stéréoscopie) est également évaluée grâce à des tests ludiques, comme les cartons de Lang que l’enfant est invité à observer.
3. L’étape incontournable des « gouttes » : cycloplégie et fond d’œil
C’est une règle d’or : tout premier examen d’un enfant doit comprendre de façon systématique une mesure objective sous gouttes. L’instillation d’un collyre cycloplégique (comme le cyclopentolate ou l’atropine) paralyse temporairement le muscle de l’accommodation. Sans ces gouttes, le très puissant pouvoir d’accommodation de l’enfant fausserait les résultats de la machine. Une fois la pupille dilatée, le médecin mesure avec précision le besoin en lunettes et procède à un examen du fond d’œil pour s’assurer de l’absence d’anomalies organiques sur le nerf optique ou la rétine.
4. Quel traitement à l’issue de l’examen ?
Dans la majorité des cas, la prescription d’une correction optique totale portée en permanence suffit à stabiliser la situation, et constitue le premier traitement si un trouble oculomoteur ou réfractif est découvert. Si l’ophtalmologiste détecte un « œil paresseux » (amblyopie), il mettra en place une rééducation passant par l’occlusion du bon œil à l’aide d’un pansement. Enfin, si au fil des consultations un strabisme persiste de façon trop pénalisante pour l’enfant (tant sur le plan esthétique que fonctionnel), une intervention pourra être programmée. N’hésitez pas à consulter notre page détaillant les protocoles de la chirurgie du strabisme chez l’enfant pour comprendre comment cette étape est encadrée.
Pour toute question ou pour un bilan visuel approfondi, il est possible de programmer une consultation privée avec le Dr Diem-Trang Nguyen directement sur Doctolib ou en nous contactant via notre page contact.



